Le versant français, et trop oublié, d’un âge d’or ferroviaire. Pourquoi ne pas y toucher est exactement la discipline qu’exige une demeure de caractère

Orient Express a pris l'est ; le Train Bleu, lui, descendait vers le sud. C'est le versant français, et trop oublié, d'une même époque où le voyage était un art de vivre avant d'être un déplacement.
Né au tournant du XXe siècle pour relier Paris à la Côte d'Azur, le Train Bleu portait l'hiver mondain vers la Méditerranée — wagons-lits, voiture-restaurant, une clientèle qui ne demandait pas d'arriver vite mais d'arriver bien. Le train a disparu ; son nom, lui, survit là où on l'attend le moins : dans le restaurant de la gare de Lyon, plafonds peints et dorures intacts, l'un des derniers lieux où l'on peut encore dîner dans le décor d'un voyage qui n'existe plus.
La leçon est dans cette survivance. Un lieu peut perdre sa fonction et garder son sens, à condition que personne n'ait eu la mauvaise idée de le moderniser. Le Train Bleu est resté lui-même parce qu'on a su ne pas y toucher — discipline rare, exactement celle qu'exige toute belle architecture du sud, des palais niçois aux villas du Cap.
On n'a jamais pris le Train Bleu pour la vitesse. On le prenait pour la qualité de l'arrivée — un mot qui dit, encore aujourd'hui, ce qu'on cherche en descendant vers la Méditerranée.

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Le sommet d'un certain goût à la française, source d'inspiration encore aujourd'hui.

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