Un village perché que la ville n’a jamais réussi à absorber, derrière la carte postale. Pourquoi le prix au mètre carré ne dit pas la bonne adresse, et l’expérience du quartier, si ?

Montmartre souffre d'être trop connu pour ce qu'il n'est pas. Le touriste connaît la Butte ; l'habitant connaît le village derrière — et les deux ne se croisent presque jamais.
Il suffit de quitter le flux du Sacré-Cœur pour basculer dans l'autre Montmartre : celui de l'avenue Junot, des escaliers déserts, des maisons d'artistes adossées à la dernière vigne de Paris. Le versant nord, vers Caulaincourt, n'a rien de pittoresque au sens touristique : c'est un quartier résidentiel calme, escarpé, où l'on vit entre voisins, avec des vues que personne n'a sur Paris depuis chez soi. C'est le seul endroit de la capitale où l'on peut avoir, à la fois, une maison, un jardin, et le panorama.
La valeur de Montmartre tient à cette dualité, et à condition de savoir la lire. Acheter sur la Butte sans connaître la frontière invisible entre le Montmartre montré et le Montmartre habité, c'est risquer d'acheter du bruit. Bien acheté, à la bonne adresse du bon versant, c'est l'un des biens les plus singuliers de Paris. Un village perché que la ville n'a jamais réussi à absorber.
C'est exactement le travail que nous faisons ici : tracer, rue par rue, cette ligne que les classements ignorent. Le prix au mètre carré ne la dit pas. L'expérience du quartier, si.
Le carnet de Montmartre
La Villa Léandre : une impasse de maisons à l'anglaise, à deux pas de l'avenue Junot, que la foule ne trouve jamais.
Le Clos Montmartre, la vigne de Paris, et le jardin du Musée de Montmartre : le cœur silencieux de la Butte.
L'avenue Junot et ses escaliers latéraux : le Montmartre des architectes, sans personne.
Le versant Caulaincourt et le cimetière de Montmartre comme jardin : le quartier tel que les Montmartrois le vivent.

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