Un quartier organisé autour d’un jardin, pas d’une avenue. Pourquoi l’enjeu, ici, n’est pas de trouver mais d’être prévenu à temps.

Certains quartiers s'organisent autour d'une place ou d'une avenue. L'Odéon s'organise autour d'un jardin — et cela change tout dans la manière d'y vivre.
Le Luxembourg n'est pas un parc voisin : c'est le salon commun du quartier. Les rues qui y mènent — Servandoni, Garancière, de Tournon — ont la qualité d'un quartier dont le centre de gravité est la beauté, pas la circulation. On y vit avec le jardin comme prolongement de l'appartement : on y descend le matin, on le traverse pour rentrer, on en connaît les heures creuses. C'est un mode de vie urbain que presque aucune autre capitale ne permet à ce degré.
La valeur de l'Odéon tient à cette adjacence et à sa rareté. Les immeubles qui donnent sur le jardin, ou à une rue de lui, forment un marché à part — étroit, peu liquide, où les biens se transmettent plus qu'ils ne se vendent. C'est un secteur où l'enjeu n'est pas de trouver, mais d'être prévenu à temps. C'est précisément ce que permet un réseau qui connaît le quartier de l'intérieur.
Vivre ici, ce n'est pas avoir un parc à côté. C'est avoir le Luxembourg comme adresse seconde — et c'est peut-être la plus belle qui soit à Paris.
Le carnet à Odéon
Le côté est du jardin du Luxembourg (vers la rue de Médicis et la fontaine Médicis) : la partie que les habitués gardent.
La rue Servandoni : une rue droite, pavée, hors du temps, derrière Saint-Sulpice.
La place de l'Odéon et le Théâtre de l'Europe : un demi-cercle de calme à deux pas du boulevard.
Le verger et le rucher du Luxembourg, côté sud : un secret horticole en plein 6e.
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